Moralement correct

Moralement correct

Présentation du livre

Tous les Français, naguère, étaient élevés selon des valeurs identiques. Il existait une France de gauche et une France de droite, une France laïque et une France chrétienne, mais la morale de l’instituteur ressemblait à celle du curé. Cette morale n’était pas forcément observée, mais elle définissait les normes du bien et du mal.

A partir des années 1970, ces normes ont volé en éclats. Sous l’effet d’une double révolution – celle de la société et celle des idées – chacun a pris l’habitude de définir ses propres critères de comportement. Le résultat, aujourd’hui, c’est que les règles collectives s’effacent, ouvrant la porte à une société éclatée, où le seul guide est l’intérêt personnel. Une tendance encouragée par le moralement correct qui donne le ton de l’époque. Cette mentalité, entièrement fondée sur l’exaltation de l’individu, prêche le principe de plaisir, le droit à la différence, le devoir de tolérance, la transgression des traditions, la relativité des conventions.

Mais peut-on vivre sans valeurs partagées ? Pour sortir de la crise qui se manifeste sur tous les plans – des banlieues à l’école, de l’Etat à la famille, du travail à la culture – il faudra bien réinventer des codes communs. Et sans doute renouer avec la morale élémentaire qui a longtemps garanti la stabilité du lien social. Cela est vrai pour les enfants, mais d’abord pour leurs parents.

Editions

  • Perrin, février 2007
  • Tempus, septembre 2008 (édition revue et actualisée).

Traductions

  • En roumain : Corectitudinea morala, Humanitas, 2009
  • En hongrois : Tul Jon és Rosszon,Kairosz, 2008

L’histoire du livre racontée par l’auteur

Rédigé en 2006, Moralement correct a paru début 2007, au moment où commençait la campagne présidentielle. A cette époque, les ouvrages consacrés aux candidats à l’Elysée, de Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, occupaient l’attention du public, pendant que les autres livres se frayaient plus difficilement leur chemin en librairie et dans les médias.

Moralement correct, pour autant, est loin d’être passé inaperçu. Alors que le débat électoral tournait autour de la question des valeurs – rappelons-nous que le favori de la droite parlait de « liquider Mai 68 », tandis que la candidate de gauche voulait restaurer l’autorité à l’école et faire apprendre la Marseillaise aux enfants –, j’ai parfois cru que certains discours s’inspiraient de mon livre. Certains témoignages postérieurs – je ne citerai pas de noms – me l’ont d’ailleurs confirmé…

Mais ce livre n’était pas un ouvrage de circonstance, dicté par le contexte politique, comme le prouve sa réédition en poche, dans la collection Tempus, à la rentrée 2008. Moralement correct forme en quelque sorte le troisième volet d’une trilogie entamée avec Le Terrorisme intellectuel etHistoriquement correct. Point commun de ces trois livres : mettre en lumière des vérités que l’on nous cache.

Mon nom s’attache à ces titres. Je ne le regrette pas, et je ne renoncerai jamais à résister au politiquement correct. Je ne veux pas, cependant, être enfermé dans ce combat qui ne résume pas mes centres d’intérêt intellectuels. C’est pourquoi j’ai décidé, pour mon prochain ouvrage, de revenir à la biographie, avec un portrait de Charles de Habsbourg, le dernier empereur d’Autriche. Ce souverain catholique, il est vrai, n’est pas précisément à la mode. On ne se refait pas.

 

Quelques commentaires sur ce livre

  • C'est peu dire que Sévillia, essayiste engagé, ne craint pas la polémique. Si le ton est mesuré, les sources amples et toujours vérifiables, le message, lui, ne manque pas de vigueur : pour retrouver un lien social, il faut non seulement reconstruire l'Etat mais aussi renouer avec la "morale élémentaire", seule à même de dégager à nouveau des valeurs communes à tous les Français.

    Rémi Kauffer
    Historia, juin 2007
  • Moralement correct, le nouvel ouvrage de Jean Sévillia, journaliste, essayiste et historien, va choquer. (...) Pour lui, la "nation" a besoin de "la bonne vieille morale de nos pères", de nos "racines chrétiennes".

    Julie Malaurie
    Le Point, 31 mai 2007
  • Véritable alchimiste, Jean Sévillia transmute, dans l'athanor de son savoir-faire, le plomb des lamentations convenues en l'or des best-sellers et des réputations flatteuses. Entre ce qui satisfait les uns, sans risquer de les faire réagir efficacement, et ce qui fâche les autres, sans les inquiéter, il arpente prudemment sa bande de terrain préférée. (...) Voici, à l'abri de son infaillible recette, un Moralement correct d'un ton très sévilliste, revue de ce que les médias alignent chaque jour. (...) Et là, ce livre cesse d'être inutile pour devenir nocif. (...) Du fait qu'elle concerne les personnes privées, en effet, la morale, nécessaire dans son ordre, est inopérante par nature pour corriger les vices sociaux.

    P.C.
    Monde et Vie, 28 avril 2007
  • Jean Sévillia, giornalista di « le Figaro », scrittore e polemista ha trattato nei suoi libri argomenti piuttosto controcorrente rispetto al « pensiero unico » che domina l’intellighenzia politico-mediatica francese. Nei suoi volumi, dai titoli significativi (« Storicamente corretto » ; « Il terrorismo intellectuale » ; « Quando i cattolici erano fuorilegge » ; « Moralmente corretto »), Sévillia ha sezionato le parole d’ordine delle élites culturali parigine rivelandone la vacuita e la miseria morale.

    Pierlucca Pucci Poppi
    Storia in Rete (Rome), mars 2007
  • Il n'est que de lire le dernier et admirable ouvrage de Jean Sévillia, Moralement correct, pour se rendre compte à quel point nos dirigeants, qui ont établi un système de contrôle maniaque des activités sociales, encouragent en même temps l'effacement de toutes les règles collectives traditionnelles en matière de morale et de valeurs. Il y a là comme une sorte d'enchaînement implacable : en déresponsabilisant les Français, on leur a fait perdre le sens des vraies valeurs.

    Prince Jean de France
    La Nouvelle Revue Universelle, mars 2007
  • Notre ami brosse le tableau d’une France qui, en une quarantaine d’années, a profondément changé, et qui, au fil de mutations moins choisies que subies, plus imposées que voulues, a perdu ses repères et abandonné ses valeurs. Est-ce l’acte d’accusation d’un procureur aigri ? Même pas. Tout au plus le constat désenchanté d’un témoin engagé, malheureux de devoir dresser un tel bilan, amer d’avoir raison. Mais derrière la lucidité se dissimule à peine l’espérance. Il faut lire Sévillia. Ne serait-ce que pour contrer l’idée si largement répandue que tout se vaut.

    L'éditorial de Michel Schifres
    Le Figaro Magazine, 31 mars 2007
  • Jean Sévillia (Moralement correct, Perrin), c'est du solide : dossier bien tenu, analyse lucide, jugements modérés et fermes en même temps, allergie aux modes intellectuelles... Je le lis avec intérêt, l'approuve le plus souvent et apprécie sa tranquillité d'humeur qui lui permet de franchir les zones de déstabilisation sans perdre le nord.

    Le Journal de Gérard Leclerc
    La France catholique, 30 mars 2007
  • Un conseil avant de plonger dans cette fournaise : commencez par lire le dernier paragraphe dans lequel l’auteur affirme que la maladie dont souffrent les Français – une crise morale sans précédent – n’est pas incurable. Car pour le reste, cette suite de Jean Sévillia à ses deux best-sellers, Le Terrorisme intellectuel et Historiquement correct, dresse en deux cents pages haletantes un état des lieux de la maison France à vous faire dresser les cheveux sur la tête.

    Philippe Oswald
    Famille chrétienne, 17 mars 2007
  • Jean Sévillia endosse les habits du sociologue pour traquer les contrevérités et décrypter les faux-semblants qui ont plombé les valeurs de notre société. Droit à la différence, devoir de mémoire, tyrannie du plaisir, relativisme moral, etc., rien n’échappe à son regard aigu sachant, au-delà des apparences trompeuses, déceler une profonde crise intellectuelle et morale.

    Michaël Rabier
    Le Spectacle du monde, mars 2007
  • Sévillia brosse sans complaisance le portrait d’une société vide de tout consensus moral et culturel. Une société dominée par le Veau d’or et qui a perdu ses valeurs morales. Mais il lance aussi un message d’espoir pour peu que l’on en revienne à notre héritage. Livre lucide. Livre d’espoir. Il faut le lire.

    Yvan Blot
    Politique Magazine, mars 2007
  • Sévillia ne livre pas un programme politique, avec solutions immédiatement applicables. Il s'attelle au travail d'amont qui indique de manière claire et précise la route à prendre.

    Jacques de Guillebon
    La Nef, mars 2007
  • Les succès de librairie de Jean Sévillia - et finalement sa large couverture médiatique - sont-ils annonciateurs d’une sorte de « révolution conservatrice », d’un « retour à l’ordre » venu des profondeurs d’un pays excédé d’avoir été l’objet d’expérimentations violentes et hasardeuses ? Si tel est le cas, la lecture de Sévillia s'impose.

    Damien Le Guay
    La France catholique, 2 mars 2007
  • Je suis parti en Chine avec le Moralement correct de Jean Sévillia. Et, après l'avoir lu, je l'ai laissé entre les mains de celui de mes hôtes qui pratiquait le mieux notre langue. Ce livre m'a paru un excellent témoignage de la vigueur d'analyse et de la possibilité de sursaut de la France. Il m'a semblé que Jean Sévillia était un excellent ambassadeur de notre pays parce que c'est un écrivain qui nous fait honneur. Son diagnostic est sévère. Peut-il en être autrement ?

    Jacques Trémolet de Villers
    Présent, 21 février 2007
  • Les candidats à l’élection présidentielle devraient tous lire Moralement correct. Leur lucidité y gagnerait. Et la substance de leurs propos. Comment débattre si on esquive les vrais problèmes ?

    Le Blog de Patrice de Plunkett,
    18 février 2007
  • Derzeit sorgt in Frankreich ein Buch aus der Feder des Journalisten und Historikers Jean Sévillia mit dem Titel „Moralisch korrekt“ für Aufsehen. Der Inhalt des Werkes ist eine kritische Analyse des Zustandes der derzeitigen französischen Gesellschaft. Sévillia stellt die Frage, ob eine Gesellschaft ohne gemeinsame und allgemein gültige Werte überhaupt bestehen könne.

    Eule
    Kronen Zeitung (Vienne), 18 février 2007
  • Jean Sévillia tente de déchiffrer la crise profonde de notre société. Non pas en raison d’un étrange goût pervers d’étaler ce qui va mal. S’il dresse ce constat multi-azimut, c’est pour conclure à la nécessité de retrouver une morale commune capable de « parler à des hommes d’origines et de convictions différentes ». Et rappeler que si nous sommes atteints de ce mal, celui-ci n’est pas incurable. A sa manière, Moralement correct est un manifeste de l’espérance lucide.

    Philippe Maxence
    L’Homme nouveau, 17 février 2007
  • Depuis Le Terrorisme intellectuel, livre qui, en 2000, secoua l’opinion, Jean Sévillia creuse son sillon. Avec intelligence, compétence et… courage. Car il faut du courage pour se mettre en travers de tous ceux qui ont réussi à faire croire, même par le Parlement – et donc par la justice – que l’envers vaut l’endroit, que toutes les dérives, tous les dérapages sont licites, et que, du passé, il fallait définitivement faire table rase.

    Henri Amouroux, de l’Institut
    Le Figaro Magazine, 17 février 2007
  • Il y a toujours eu des individus au comportement déréglé, mais chaque génération transmettait à la suivante (et inculquait aux étrangers) des valeurs que chacun se devait d'accepter pour s'insérer dans la société. Ce n'est plus le cas : nulle morale commune n'est plus admise, chacun ayant la prétention de vivre heureux en suivant seulement ses humeurs. La rupture est intervenue dans les années 1960. C'est cela, le «moralement correct» : la morale saisie par le politiquement correct. Voulons-nous continuer ainsi ? On ne sort pas indemne de cette lecture : Sévillia nous met au pied du mur.

    Fabrice Madouas
    Valeurs actuelles, 16 février 2007
  • Sévillia poursuit son patient travail de décryptage de l’idéologiquement correct. Comme un Revel ou un Gallo, il aborde des sujets aussi distincts que la désagrégation familiale, celle de la nation, la progression des addictions dans le domaine de la santé, ou la banalisation de la violence. Il le fait avec une autorité qui n’exclut pas l’humour.

    Paul-François Paoli
    Le Figaro littéraire, 15 février 2007