Le Chouan du Tyrol

Le chouan du Tyrol

Présentation du livre

1809. Alors que Napoléon domine la moitié de l’Europe, un paysan se rebelle contre l’empereur des Français. Andreas Hofer soulève le Tyrol, province autrichienne rattachée contre son gré à la Bavière, royaume satellite de Paris. A la faveur d’un nouveau conflit entre la France et l’Autriche, les Tyroliens tiennent tête aux troupes franco-bavaroises du maréchal Lefebvre et du prince Eugène de Beauharnais. L’Autriche vaincue, la paix conclue entre Napoléon et Vienne, les révoltés du Tyrol refusent de se soumettre et combattent plusieurs mois encore, avant de succomber sous le nombre de leurs adversaires. Andreas Hofer est fusillé par les Français le 20 février 1810.

Destin hors du commun que celui de ce paysan-aubergiste, un robuste père de famille, simple et pieux, devenu par nécessité régent du Tyrol au nom des Habsbourg. Aux yeux des Tyroliens, profondément attachés à l’Eglise catholique, à la dynastie autrichienne et à leurs particularismes séculaires, Napoléon représentait l’envahisseur, mais incarnait également l’esprit révolutionnaire. Ainsi Andreas Hofer, en entraînant ses montagnards au cri de « Pour Dieu, l’Empereur et la patrie », a-t-il non seulement pris place parmi les figures hautes en couleur des guerres napoléoniennes, mais a aussi écrit une page méconnue de l’histoire des résistances à la Révolution.

Editions

  • Perrin, 1991.
  • Perrin, 2001 (réédition sous une nouvelle couverture).
  • Perrin, Tempus (collection de poche), juin 2010, avec une préface inédite.

Récompenses

Grand Ordre de l’Aigle du Tyrol (Grosser Tiroler Adler-Orden) décerné par le gouvernement régional du Tyrol (Autriche) en 1991.

L’histoire du livre racontée par l’auteur

Le Chouan du Tyrol est réédité. Ce fut mon premier livre. L’idée de l’écrire m’est venue au Tyrol, pendant l’été 1987, alors que j’étais en vacances en famille. Là-bas, Andreas Hofer est un héros national ; en France, c’est un inconnu. J’ai donc voulu raconter cette histoire franco-autrichienne. Ce fut mon premier travail de longue haleine : deux années de recherche et d’écriture, dans les interstices laissés par mon activité de journaliste, et en y consacrant tous mes loisirs, ce qui restera mon rythme de vie.Je crois avoir tout lu sur le sujet, en tout cas l’essentiel. 98 % de la bibliographie concernant Andreas Hofer ont été publiés en allemand. En français, il n’y avait que des bribes, des textes du XIXe siècle ou de la première moitié du XXe siècle, textes qui d’ailleurs se recopient les uns les autres. Aux archives de l’armée, Fort de Vincennes, j’ai compulsé des papiers qui n’étaient pas sortis des cartons depuis un siècle. Au Tyrol, la documentation est à portée de main.Pour un sujet apparemment spécialisé, l’accueil du livre a été honorable. Cela reste ma fierté d’avoir été le premier Français à écrire une véritable étude historique sur la révolte du Tyrol de 1809 : un travail pionnier, maintenant cité en référence dans toutes les bibliographies napoléoniennes.Ce livre a marqué le début de mon amitié avec Willi Steidl – un Tyrolien qui aime la France comme j’aime l’Autriche – et avec Wolfgang Pfaundler – un savant qui sait tout sur son pays natal. Il m’a valu d’être décoré, à Innsbruck, du Grand Ordre de l’Aigle du Tyrol : pour moi, cela a un sens. En 2009, les Tyroliens ont célébré le bicentenaire de l’insurrection d’Andreas Hofer. J’y étais, comme je le raconte dans la préface écrite pour la réédition de l’ouvrage.J’y étais, rare Français dans cette foule, et je portais ma décoration : deux cents ans après, un signe d’amitié franco-tyrolienne.

Quelques commentaires sur ce livre

  • Belle dramatique d’Alain Decaux, dans La Tribune de l’Histoire (France-Inter), qui reprend le titre du livre de Jean Sévillia : Le Chouan du Tyrol. Quand j’arrivai à la fin de l’extraordinaire aventure racontée par Sévillia, j’étais certain qu’Alain Decaux et ses compères en feraient une émission : tous les ingrédients qui rendent l’Histoire fascinante se retrouvent dans cette affaire oubliée chez nous depuis longtemps.

    Jean Ferré
    Le Figaro Magazine, 25 mai 1991
  • Dans cette histoire qui n’est à l’honneur ni des Français ni des Viennois, Jean Sévillia témoigne d’une érudition maîtrisée. Chacune de ses notations a sa valeur. En dépit de sa sympathie pour les Tyroliens, il montre qu’une révolte privée de projet politique et de soutien extérieur perd toute chance. Tout au plus fournit-elle une de ces épopées dont l’imaginaire des peuples a besoin pour sa fierté.

    Alain de Penanster
    Valeurs actuelles, 11 mars 1991
  • On connaît mal cette histoire ci, ou on l’a oubliée. Il a manqué un Goya à ce Dos de Mayo-là. Mais voilà Jean Sévillia. Il a sillonné le pays et dépouillé tous les livres. Il a beaucoup rêvé, beaucoup réfléchi. A la fin, il a écrit cette biographie d’Andreas Hofer où le souffle du romanesque, l’air même de la vie, de ses hasards, de ses chances se mêlent à la vue de la grande histoire et de sa marche qui broie les individus.

    François Crouzet
    Le Figaro Littéraire, 4 février 1991
  • Le livre de Jean Sévillia nous raconte une épopée. Exemplaire. Expliquée à la perfection. Son récit clair, rigoureux, renverse la légende officielle de la « France libératrice de l’Europe ». Les lecteurs de livres d’histoire, fervents de révélations et de preuves-surprise, feront un succès à ce récit d’une tragédie étonnamment pittoresque.

    Patrice de Plunkett
    Le Figaro Magazine, 2 février 1991