Le dernier empereur, Charles d’Autriche 1887-1922

Le dernier empereur, Charles d'Autriche

Présentation du livre

Après une série d’essais remarqués, Jean Sévillia est revenu à la biographie. Pour raconter la vie du dernier souverain d’Autriche-Hongrie, mort à 34 ans en 1922 et béatifié par Jean-Paul II en 2004, il a recouru à des sources qu’il n’avait pas exploitées pour sa biographie de l’impératrice Zita.

Rome, 3 octobre 2004 : sur la place Saint-Pierre, le pape Jean-Paul II procède à la béatification de l’empereur Charles d’Autriche. Qui était-il, ce souverain méconnu ?

Vienne, 21 novembre 1916 : l’empereur François-Joseph meurt après soixante-huit ans de règne. C’est son petit-neveu, l’archiduc Charles, né en 1887, marié en 1911 à la princesse Zita de Bourbon-Parme, qui lui succède sur le trône des Habsbourg. Le nouveau monarque, titré Charles Ier en Autriche et Charles IV en Hongrie, est âgé de 29 ans, et possède un programme : la paix, les réformes.

De 1916 à 1918, l’empereur Charles tente l’impossible pour sortir son pays de la guerre. Dès son accession au trône, il ouvre des négociations secrètes avec les Alliés, notamment par le truchement de ses beaux-frères, Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, officiers dans l’armée belge. Charles Ier rêve de la paix, mais nul ne saisit la main qu’il tend alors pour abréger le conflit.

Le jeune monarque aspire également à de profondes réformes, voulant doter l’Autriche-Hongrie d’une Constitution d’esprit fédéraliste, qui aurait garanti des droits égaux aux douze nationalités peuplant son empire. Entre le conservatisme des uns et le nationalisme des autres, ce projet échouera aussi.

En 1918, l’Autriche-Hongrie est démantelée, et l’empereur doit quitter le pouvoir. La famille impériale se réfugie en Suisse, mais Charles ne renonce pas à ses espoirs. Après deux vaines tentatives de restauration en Hongrie, en 1921, le couple impérial est astreint par les Alliés à la relégation sur l’île de Madère. Sans ressources, Charles et Zita y vivent dans le dénuement. Cette page sombre, vécue chrétiennement, s’achève dans le drame : le 1er avril 1922, le souverain meurt à l’âge de 34 ans, laissant une veuve de 30 ans, enceinte de son huitième enfant.

Le dernier empereur est une figure à qui l’Histoire a réservé une destinée tragique. Mais ce bienheureux, qui aima la paix et la justice sociale, et fut un époux et un père de famille exemplaire, est aussi une figure spirituelle qui a quelque chose à dire aux hommes d’aujourd’hui.

Editions

  • Perrin, 2009.
  • Tempus, 2012.

Traductions

  • En tchèque : Poslední císaø Karel Rakouský, Plejada, 2010.
  • En hongrois : Gabo Konyvkiado, 2010.

Récompenses

  • Prix de la biographie de la Ville d’Hossegor 2010

L’histoire du livre racontée par l’auteur

Pour ce livre, je n’ai bénéficié d’aucune invitation à la télévision, d’aucune émission sur les grandes radios nationales, et de très peu d’articles dans la presse écrite. Sur Internet, le bruit a été tout aussi discret… Et pourtant, ce Dernier empereur, dont la carrière est loin d’être terminée en librairie, obtient un meilleur résultat que mes deux précédents essais. Mais après tout, ce n’est pas une surprise : le succès de mes ouvrages, d’une manière générale, est le fruit du bouche à oreille.

Signe des temps : parce qu’il n’est pas connu, Charles d’Autriche n’intéresse pas l’univers médiatique. Cela n’empêche pas un public attentif, fidèle et enthousiaste, qui croit aux réalités profondes et non à l’écume des jours, de me dire le respect que lui inspire ce personnage, que parfois je lui ai révélé. Lors de mes traditionnelles conférences, l’auditoire se compte souvent par centaines de personnes. Et l’émotion est palpable quand je raconte les heures tragiques que la famille impériale d’Autriche a connues à Madère…

A l’heure des épreuves qui nous attendent, nous avons besoin de modèles, d’exemples d’hommes et de femmes qui ont tout sacrifié, sauf l’essentiel : la foi, l’honneur, la dignité. C’est ce qu’ont compris les nombreux lecteurs du Dernier empereur. Qu’ils en soient remerciés.

 

Quelques commentaires sur ce livre

  • Dans l'excellente biographie qu'il vient de publier, Jean Sévillia conjugue ses talents de journaliste et d'historien pour rendre à ce prince méconnu et presque oublié ses véritables dimensions humaines.

    Philippe Delorme
    France catholique, 18 septembre 2009
  • Erudit, scrupuleux, équipé de références, Sévillia n'est pas seulement historien. De son remarquable Historiquement correct (2003) au présent volume, il nous incite à prendre la mesure de ce que sentirent, pensèrent, tentèrent ceux qui vécurent avant nous. Il n'omet pas leurs fautes (et l'empereur Charles en commit). Il nous demande seulement l'équité. C'est une bonne idée. Peut-être en aurons-nous besoin un jour, nous aussi.

    François Taillandier
    Le Figaro littéraire, 17 septembre 2009
  • Jean Sévillia raconte l'histoire de cette personnalité lumineuse, confrontée à la tragédie européenne, avec sobriété, justesse, rigueur et émotion. Ceux qui ont lu sa biographie de l'impératrice Zita ne risquent pas une redite : les deux livres se complètent et s'approfondissent.

    Jean-Marc Bastière
    Famille chrétienne, 12 septembre 2009
  • Jean Sévillia enquête comme un journaliste et écrit comme un historien. C'est ce qui fait, comme dans ses précédents ouvrages, la qualité de cette dernière livraison. En dépit d'une foultitude de personnages et d'un amoncellement colossal d'informations, l'auteur écrit un livre qui se lit comme un roman d'aventures. Nous n'y suivons pas que des événements, mais marchons aussi sur les traces bien vivantes d'être disparus qui furent des protagonistes de l'Histoire. Il se construit ainsi, au cours des chapitres, et parce que le destin de son héros est tragique, toute une dramaturgie que Jean Sévillia met en scène avec une authentique habileté d\'écrivain.

    Benoît Gousseau
    Politique Magazine, septembre 2009
  • Cette biographie vivante, précise, n’hésite pas à poser les questions importantes et à explorer tous les recoins d’une vie hors du commun. Pourtant, elle dépasse le simple cadre historique. (…) Elle raconte un homme profondément inspiré par sa foi chrétienne, qu’il cherche à traduire en actes dans l’exercice de son devoir d’Etat d’empereur, et un père de famille conscient de l’importance vitale de la cellule familiale. Loin d’un livre nostalgique, Jean Sévillia nous offre donc un stimulant d’espérance.

    Philippe Maxence
    L’Homme nouveau, 29 août 2009
  • Il s'appelle Charles. Charles Ier. Il a 29 ans. Simple, discret, sans morgue, charitable, idéaliste, il est attentif aux humbles et souffre de la souffrance des autres. Le petit peuple ne s'y trompe pas. Il en sera aimé. Fondamentalement, c'est un chrétien, un vrai catholique. Marchant inexorablement à l'abîme, l'Empire sept fois séculaire perd son sang et ses forces vives, mais Charles en est l'empereur et roi. De toutes les ressources de son âme, il tentera de le sauver, même s'il sait, lui aussi, que c'est là une tâche impossible. (...) Il faut se précipiter sur ce livre, plus de 300 pages exaltantes et traversées d'élans du cœur qui nous emportent au-delà des mots. Il est, Jean Sévillia, et je suis, après l'avoir lu, et le seront aussi tous ceux qui le liront, des sujets inconditionnels de l'empereur Charles Ier et de l'impératrice Zita.

    Jean Raspail
    Le Figaro Magazine, 29 août 2009